Le gouvernement poursuit son agenda austéritaire, continuons la lutte!
Avec à nouveau plus de 100.000 participants, la manifestation nationale contre le gouvernement Michel du 7 octobre fut un succès retentissant. La résistance sociale reste de mise. De son côté, le gouvernement a confirmé son orientation politique : la confrontation et la poursuite d’un agenda profondément antisocial. Nous le savons: si nous voulons remporter cette bataille contre l’austérité, il faut nous mettre sérieusement en ordre de marche jusqu’à la chute de ce gouvernement des riches.
Par Jarmo (Anvers)
Saut d’index, attaques contre les pensions et contre les chômeurs,… Le gouvernement Michel n’a pas perdu de temps au cours de la première année de son mandat. Un constat similaire peut heureusement être tiré de l’activité du mouvement des travailleurs. Quel brillant exemple fut le plan d’action de fin 2014 ! Voilà comment une dynamique peut être développée pour renverser un gouvernement. Malheureusement, les dirigeants syndicaux ont cédé à l’idée de négocier avec ce gouvernement et ont préféré mettre notre lutte en sourdine. Mais la volonté d’aller de l’avant reste encore bien présente à la base. C’est l’un des enseignements majeurs de la mobilisation du 7 octobre.
Et ce sera d’ailleurs bien nécessaire. L’attention médiatique s’est principalement concentrée sur la menace terroriste durant cette dernière période, mais le gouvernement n’a pas changé son fusil d’épaule. Il a continué à défendre une austérité sauvage de la manière la plus arrogante qui soit. L’offensive antisociale que nous avons subie est déjà impressionnante. Mais elle est amenée à se poursuivre.
Avec un nouveau déficit budgétaire à gérer de 113 millions d’euros pour cette année et de 456 millions pour l’année prochaine ainsi qu’un nouveau tax shift (virage fiscal) qui, aux dires d’Eric Van Rompuy (CD&V), se chiffrera à 3 milliards d’euros supplémentaires, il est évident que nous aurons de nouvelles occasions de nous battre. Michel et sa bande sont déterminés à aller chercher le moindre cent dans les poches de la population. Sans résistance conséquente, un deuxième saut d’index est de l’ordre du probable.
Bon nombre de mobilisations du ‘‘plan d’action’’ actuel ont été reportées sine die en raison de la menace terroriste. Nous comprenons bien que la sécurité constitue une préoccupation majeure et que, parmi de larges couches de la population, la crainte est présente et justifiée. Mais le gouvernement n’a pas observé de pause dans son activité néfaste pour les masses. Au plus haut de la menace terroriste, il a été rendu public que la privatisation complète de Proximus et Bpost était possible. Et le MR a déposé un projet de loi visant à détruire le droit de grève le 20 novembre, soit une semaine après les attentats de Paris et la veille de l’instauration du niveau d’alerte 4 à Bruxelles.
‘‘L’unité nationale’’ voulue par le gouvernement et la presse vise à nous imposer la paix sociale revolver contre la tempe. L’élan construit dans la dernière période ne peut en aucun cas être perdu, la résistance sociale doit se poursuivre de plus belle. Un gouvernement comme celui-ci va instrumentaliser la moindre faiblesse ou hésitation et adopter une attitude plus agressive envers le mouvement des travailleurs.
Il faut de toute urgence organiser des assemblées du personnel sur les lieux de travail, réunir les travailleurs et discuter des mesures d’austérité et des prochains pas à faire. Refusons que les attaques terroristes soient utilisées comme instrument pour attaquer la classe des travailleurs ! Nous avons raison de poursuivre le combat contre des mesures d’austérité qui ne vont qu’exacerber les problèmes liés à la radicalisation et au terrorisme.
Le plan d’action de 2014 a fait vaciller le gouvernement. Allons plus loin. Repartons à l’action et préparons-nous grâce aux assemblées générales sur les lieux de travail et par des manifestations régionales, pour ensuite aller vers des actions et grèves de plus grandes ampleurs. Laisser faire ce gouvernement n’est pas une option. Cela équivaudrait à sacrifier nos conditions de vie pour stimuler les bénéfices des grandes entreprises. Notre objectif est clair : balayer ce gouvernement et toute la politique d’austérité. Dans le cadre de ce combat, nous devrons poser les bases d’une alternative politique pour le mouvement des travailleurs, ce qui est crucial pour ne pas laisser la droite occuper le terrain à sa guise.