Continuons jusqu'à la chute du gouvernement!

continuonsCe 24 mai fut une nouvelle démonstration de force. Une fois de plus, le monde du travail a défilé dans les rues de Bruxelles par dizaines de milliers sous un seul cri de rage : ‘‘la coupe est pleine !’’ Une minorité ? Et bien non. Selon le dernier Grand Baromètre RTL/IPSOS/Le Soir (1) 52 % des Belges soutenaient cette manifestation (64 % des Wallons, 55 % des Bruxellois et 45 % des Flamands). Aujourd’hui, ce chiffre serait encore plus élevé. Et c’est de toute manière davantage de soutien que ce dont dispose le gouvernement dans les derniers sondages.

Par Nicolas Croes

ls212Le gouvernement s’efforce toujours de nous convaincre de ses délires. Mais ça ne passe pas.‘‘Nous vivons tous au-dessus de nos moyens’’déclarait le ministre de l’Emploi Kris Peeters.Toujours selon l’étude susmentionnée,pas moins de 93 % des Belges estiment qu’il a tort. ‘‘La politique du gouverne-ment augmente le pouvoir d’achat de la population’’, scandait Charles Michel.À peine 7 % des Belges lui donnent raison (les plus fortunés sans doute ?).66 % des francophones estiment que leurs conditions de vie ont baissé, tout comme 54 % des Flamands.

Derrière tous ces chiffres, il y a une colère qui ne demande qu’à être organisée. Avant la manifestation du 24 mai,le soutien à la grève du 24 juin appelée par la FGTB (rejointe par la centrale des employés de la CSC notamment) était de 47 % (59 % des Wallons, 50 % des Bruxellois et 41 % des Flamands). C’est un fameux réservoir de soutien qu’il faut absolument impliquer dans la lutte.De plus en plus de gens – des deux côtés de la frontière linguistique – se rendent bien compte que l’offensive austéritaire ne va pas s’arrêter d’elle-même.

Le gouvernement ne s’en cache pas du reste.‘‘Le gros du travail sera pour cet été, avec la confection du budget 2017.Ce sera une autre paire de manches’’a prévenu Kris Peeters. Il est question de0,9 % du PIB, soit 3,4 milliards d’euros.Les pistes évoquées pour trouver cette somme monstrueuse sont les pensions,la réforme de la loi sur les salaires et la compétitivité ou encore le financement des hôpitaux. L’été sera donc lui aussi des plus meurtriers sur le plan social.Bart De Wever, le premier ministre de l’ombre, clame depuis un moment déjà que la sécurité sociale constitue un sérieux stock de moyens qu’il est possible de transférer de la collectivité vers le capital. Kris Peeters essaye d’atténuer les choses en disant que‘‘toutes les pro-positions reviendront sur la table. Dont le ‘ dual income tax’ [un impôt unique sur l’ensemble des revenus du capital,ndlr]’’. Sérieusement ? Qui y croit encore ? Après la grotesque mascarade du Tax-shift l’an dernier, qui se laissera encore avoir ? Un âne ne trébuche pas deux fois sur la même pierre, comme le dit le dicton.

Détail sinistre, moins d’une semaine avant la manifestation du 24 mai, le gouvernement fédéral a ouvert la voie à la liaison du revenu d’intégration sociale (RIS) à un service à la communauté. Ces ‘Projets Individualisés d’Intégration Sociale’ (PIIS) seront obligatoires dès le 1er septembre pour tout nouveau bénéficiaire du RIS. À cela s’ajoutent encore des contrôles et des mesures d’exclusions sur le modèle de la ‘‘chas-se aux chômeurs’’. Après les chômeurs,les malades de longue durée, les bénéficiaires du RIS,… À qui le tour? Que les amateurs de Panama, des îles Vierges et des autres paradis fiscaux se rassurent,ce n’est pas à eux que songe la bande du 16 rue de la Loi.

Agir pour ne plus subir

À l’annonce du nouveau plan d’action des syndicats, les médias dominants se sont déchainés sur les ‘‘preneurs d’otages’’ en rouge et vert, sur l’argent des syndicats, sur la protection ‘‘exagérée’’des délégués syndicaux,… Au même moment, les lanceurs d’alertes et le journaliste par qui le scandale d’évasion fiscale du LuxLeaks a été dévoilé ont été trainés en justice. De ça, on en a moins parlé.

Malgré toute cette propagande visant à discréditer et souiller les syndicats,une large majorité de la population estime qu’ils sont cruciaux pour défendre leurs droits (81 % des francophones et75 % des Flamands)(2). Cela illustre le potentiel. Au lendemain du plan d’action de 2014 qui avait abouti à la grève générale nationale du 15 décembre, un sondage avait dévoilé que 87 % de la population flamande était favorable à un impôt sur la fortune. Le plan d’action avait aussi marqué des points dans la bataille pour l’opinion publique. Une deuxième occasion nous est aujourd’hui offerte pour en finir avec le catalogue des horreurs du gouvernement Michel.Ne la gaspillons pas. Allons jusqu’au bout. Ce gouvernement peut être renversé. Ce sera un sérieux pas en avantdans la lutte pour une société débarrassée des parasites capitalistes.

(1) Le Soir, édition du 20 mai 2016
(2) Selon une étude de l’IPSO-KUL (Institut pour le sondage des opinions sociales et politiques de l’Université de Louvain) réaliséea près les élections

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