Avec Michel, c’est tous les jours la Saint Nicolas pour les riches et Halloween pour nous…

halloween-300x200Attaques sur les pensions ; nouvelles amnistie fiscale pour les riches fraudeurs ; baisses massives des cotisations patronales (2,8 milliards d’euros) ; taxes sur la consommation, l’alcool, les boissons sucrées et le tabac (des ‘‘taxes santé’’ dont le seul but est d’aller chercher dans la poche des gens) ; augmentation des accises sur le diesel et de la TVA sur l’électricité ainsi qu’un saut d’index qui représente une perte de 2% de pouvoir d’achat cet été et fait près de 8,7 millions de victimes dont 6,6 millions d’allocataires sociaux (pensionnés, chômeurs, malades, invalides, handicapés, enfants bénéficiant des allocations familiales),… Tout ça n’est qu’une liste non exhaustive des mesures décidées par le gouvernement Michel.(1)

Par Ben (Charleroi), article tiré de l’édition de novembre de Lutte Socialiste

A cela s’ajoutent encore des restrictions budgétaires dans les services publics, avec notamment des pertes d’emploi liées au non-remplacement des départs en pension. On se souvient du gel des recrutements dans les SPF (Services Publics Fédéraux) et on sait maintenant que les baisses de subvention à la SNCB vont signifier la perte de 6.000 emplois.

Pour justifier toutes ces mesures qui attaquent la majorité de la population et favorisent la minorité que sont les riches et le patronat, le gouvernement promet 1) que les travailleurs vont toucher 100 euros de plus par mois, 2) de créer des emplois et 3) que le capital va contribuer un peu. Sur ce dernier point, la taxe sur les plus-values boursières ‘‘se situe dans le domaine symbolique’’ selon Charles Michel lui-même.(2)

100 euro de plus par mois ?

Cette fameuse augmentation du salaire net des travailleurs, c’est l’artillerie lourde du gouvernement pour tenter d’être populaire. Le chiffre de 100 euros en moyenne a été avancé et le ministre des finances a lancé un site (www.montaxshift.be) où l’on peut découvrir l’augmentation de notre salaire net en encodant notre salaire brut. Pour cela, il faudrait déjà en avoir un… Tant pis, donc, pour les pensionnés, les chômeurs ou les allocataires du CPAS. Ensuite les nombreuses situations particulières qui risquent de diminuer le montant final ne sont pas prises en compte. Mais soit, ce n’est pas là le mensonge le plus énorme. Le mensonge, c’est de ne pas calculer l’effet de l’augmentation de la TVA sur l’électricité, des accises sur le diesel, et bientôt des taxes sur l’alcool et les boissons sucrées à côté de cette augmentation du salaire net. Sans oublier le plus gros : le saut d’index subi cet été.

La FGTB a fait le calcul des gains sur le salaire net de cette réforme fiscale en y retirant les pertes susmentionnées. Alors, ces fameux 100 euros de plus par mois, réalité ou poudre aux yeux ? Pour les pensionnés et les chômeurs, le résultat, c’est une perte de 45 € par mois. Pour un travailleur isolé qui touche 1.560 € bruts par mois, l’effet est nul. Pour un ménage avec deux employés à temps plein sans enfant, l’un touchant 3.000 € bruts par mois et l’autre 1.600, c’est une perte de 48 € par mois. S’ils avaient deux enfants, ils perdraient 66 € par mois.(3) La CSC a également fait des tests pour plusieurs situations de ménage et tombe sur des pertes de plusieurs centaines d’euros dans de nombreux cas.(4)

De toute manière, ce sont les travailleurs qui paient eux-mêmes cette augmentation du salaire net ! la mesure signifie une dépense de 1,7 milliards d’euros pour la collectivité tandis que les recettes prévues suite à la hausse de la TVA sur l’électricité devraient rapporter 712 millions et que 908 millions devraient provenir de la hausse des impôts indirects sur le diesel, le tabac, les boissons, etc.

Jobs, Jobs, Jobs ?

C’est le slogan de Charles Michel et de son gouvernement, un autre ‘‘argument massue’’ censé nous convaincre des bienfaits de l’austérité. Sauf que sans chiffres ni garantie, il faut les croire sur parole. Leur politique de cadeaux aux entreprises est la même que celle des précédents gouvernements ici et ailleurs en Europe. Nulle création d’emplois n’a pu être observée, bien au contraire. Quand on a demandé à Kris Peeters pourquoi ne pas avoir conditionné les baisses de cotisations patronales à la création d’emplois, il a répondu que ‘‘nous ne sommes pas dans une économie communiste!’’ Il a également tenu à préciser que ‘‘lors du pacte de compétitivité d’Elio Di Rupo, on avait aussi baissé les charges salariales sans conditions d’emploi.’’ (5)

L’objectif des entreprises n’est pas de créer de l’emploi, et certainement pas de qualité ou socialement utiles. Leur but, c’est de maximiser leur profit. Les 2,8 milliards d’euros de baisse de cotisations vont se retrouver dans les poches des actionnaires ou alors aller rejoindre le pactole de 240 milliards d’euros de liquidités des entreprises belges qui dorment sur des comptes en banque et dont elles ne savent que faire.

Le gouvernement s’est de toute manière déjà trouvé une bonne excuse pour justifier la faillite de la création d’emplois : la situation économique rendue plus difficile par le scandale VW (voir en pages centrales) et par les ratés de l’économie chinoise (voir page ci-contre).(6)

L’austérité, une histoire sans fin ?

Nous savons déjà que d’autres mesures d’austérité pointent à l’horizon. Les pages de l’Echo du 20 octobre posaient déjà la question ‘‘Le budget de Michel prend-il l’eau?’’ Les ajustements budgétaires risquent d’être une succession de mauvaises surprises. En juillet dernier, le gouvernement déclarait déjà qu’il lui faudrait trouver 1,5 milliards d’euros en plus d’ici 2019 pour rester en équilibre. Certains se sont déjà montrés très sceptiques concernant le budget fédéral : on parle d’une somme de 6 milliards d’euros à trouver ! Si personne ne sait encore comment, nous avons peu de chance de nous tromper en affirmant que ce ne sera certainement pas dans les poches du patronat et des plus riches.

(1) Syndicat n°15, du 18 septembre 2015
(2) L’Echo du 17 octobre
(3) Syndicat n°15, du 18 septembre 2015
(4) https://www.csc-en-ligne.be/csc-en-ligne/Campagnes/calcul-revenus/calculez-ce-que-vous-perdez.html
(5) L’Echo du samedi 17 octobre
(6) Johan Van Overtveldt dans Le Soir du 22 octobre

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